Tu ressens peut-être l’appel d’un métier plus en lien avec l’humain, avec l’écoute profonde, avec cette intuition que chaque personne porte en elle une force de vie qui ne demande qu’à être rejointe. La formation en psychothérapie humaniste, et en particulier l’Approche centrée sur la personne, répond exactement à cette aspiration : accompagner sans dominer, soutenir sans diriger, faire confiance à la tendance naturelle de chacun à se développer. Loin des protocoles mécaniques, cette voie propose une pratique du soin fondée sur la présence, l’alliance thérapeutique et le respect radical de la subjectivité.
Dans ce paysage, les formations en psychothérapie humaniste se multiplient et se structurent, des certificats universitaires comme celui en psychothérapie centrée sur la personne et expérientielle à Louvain-la-Neuve aux cursus proposés par des instituts spécialisés. Toutes ont un point commun : elles ne forment pas seulement à des outils, mais à un savoir-être thérapeutique. On y explore la congruence, l’empathie, la considération inconditionnelle, mais aussi les enjeux éthiques, la supervision, le travail sur soi et l’ancrage corporel. Devenir thérapeute humaniste, c’est progressivement apprendre à « laisser la vie parler à travers soi » en séance, plutôt que d’appliquer des recettes toutes faites.
- Une approche centrée sur l’humain qui considère la personne dans sa globalité : corps, émotions, pensées, liens, contexte de vie.
- Des fondements théoriques solides issus de la psychologie humaniste, de Carl Rogers aux pratiques expérientielles contemporaines.
- Des formations longues et structurées, mêlant théorie, pratique, stages et supervision clinique.
- Un travail profond sur la posture : écoute, éthique, limites, prévention de l’épuisement et de l’emprise.
- Une voie de reconversion réaliste pour psychologues, médecins, professionnels du soin, mais aussi pour des personnes en transition qui souhaitent devenir accompagnants.
Psychothérapie humaniste et Approche centrée sur la personne : repères pour comprendre
La psychothérapie humaniste s’est développée au XXᵉ siècle comme une « troisième voie » entre psychanalyse et approches comportementales. Elle part d’une hypothèse simple et pourtant révolutionnaire : au cœur de chaque être humain existe une tendance actualisante, une force de croissance qui le pousse vers davantage de cohérence, de liberté intérieure et de créativité. La psychothérapie ne vient pas « réparer » un individu défaillant, elle crée un climat qui lui permet de renouer avec ce mouvement naturel.
Dans ce courant, l’Approche centrée sur la personne de Carl Rogers occupe une place majeure. Elle a d’abord été nommée « psychothérapie non directive » avant que Rogers ne mette l’accent, non plus sur l’absence de directives, mais sur la qualité de la relation. Il ne s’agit pas pour le thérapeute de se taire passivement, mais de se rendre profondément présent à l’expérience du client, de l’accueillir sans jugement et de lui refléter ce qu’il vit avec finesse. L’essentiel n’est plus « ce que fait le thérapeute », mais qui il est dans la relation.
Concrètement, ce cadre s’appuie sur trois attitudes clés : l’empathie (comprendre le monde intérieur de l’autre de l’intérieur), la congruence (authenticité du thérapeute, cohérence entre ce qu’il ressent, pense et exprime) et la considération positive inconditionnelle (regard sans jugement, digne, respectueux, quelles que soient les paroles ou les comportements amenés). Quand ces conditions sont réunies, la personne accompagnée peut relâcher ses défenses, toucher ses émotions réelles et commencer à modifier la manière dont elle se perçoit.
Les recherches en psychothérapie ont d’ailleurs confirmé à maintes reprises que ce sont ces facteurs relationnels qui expliquent l’essentiel du changement, bien plus que la technique ou l’école de référence. Si tu veux aller plus loin sur ces bases, tu peux explorer une ressource comme la définition et les fondements de la psychothérapie, qui met justement en lumière ce rôle central de la relation d’aide.
La psychothérapie humaniste ne se réduit pas à Rogers. On y retrouve aussi la Gestalt-thérapie, certaines démarches existentielles, ou encore des approches expérientielles centrées sur le ressenti corporel. Toutes partagent cette confiance fondamentale dans la capacité de l’être humain à se réorganiser de manière constructive, pour peu qu’il soit accueilli dans un environnement suffisamment sécurisant et ouvert.
Au fil des décennies, ces approches se sont diffusées bien au-delà du cabinet de psychothérapie : dans le champ de l’éducation, du travail social, de la médiation, de la santé, de la formation professionnelle. Beaucoup d’outils actuels d’écoute active, d’entretien motivationnel ou de coaching relationnel s’ancrent, parfois sans le dire, dans cette matrice humaniste.
Pour quelqu’un qui envisage une reconversion ou le désir de devenir thérapeute, ces repères sont essentiels. Ils invitent à choisir une formation qui ne se contente pas d’aligner des protocoles cognitivo-comportementaux, mais qui tisse un vrai travail sur la posture, la présence, la conscience de soi et la responsabilité. C’est précisément ce que les programmes de psychothérapie humaniste bien construits cherchent à offrir.
Se familiariser avec ces bases permet déjà de sentir si cette voie résonne avec ta façon d’être au monde. Si tu es touché par l’idée de considérer le client comme un partenaire et non comme un « cas à traiter », alors cette orientation centrée sur l’humain constitue un terrain profondément fécond.

Ce que change une formation en psychothérapie humaniste dans ta manière d’accompagner
Passer d’un intérêt pour la psychologie à une formation en psychothérapie humaniste, c’est comme passer du livre à l’expérience directe. Sur le papier, tout le monde adhère à des mots comme empathie ou respect. En formation, ces notions deviennent concrètes, parfois déstabilisantes, parce qu’elles touchent ton propre rapport à la vulnérabilité, à la différence, au conflit, au silence.
La plupart des cursus sérieux combinent trois dimensions : des enseignements théoriques, une pratique expérientielle (jeux de rôle, groupes de rencontre, partages en petits groupes) et une immersion clinique à travers stages et supervisions. En Belgique, par exemple, un certificat universitaire à Louvain-la-Neuve en psychothérapie centrée sur la personne et expérientielle s’étale sur plusieurs années, avec plus d’une centaine de crédits, un mémoire et un stage obligatoire. Ce type de structure donne le temps d’intégrer en profondeur les principes humanistes dans ta posture.
Imaginons Maëlle, infirmière en psychiatrie depuis dix ans, qui décide de se former en psychothérapie humaniste. Elle arrive avec l’habitude d’évaluer rapidement les symptômes, de proposer des conseils concrets pour « aller mieux ». En formation, elle découvre à quel point son réflexe à vouloir aider vite peut parfois couper la parole intérieure du patient. Progressivement, elle apprend à tolérer de ne pas savoir, à laisser émerger ce qui vient de l’autre, à sentir dans son propre corps les échos de ce qui se joue dans la relation. Son accompagnement devient moins dans la réponse immédiate, plus dans la co-exploration.
Une formation humaniste approfondit aussi la conscience de tes limites relationnelles. Il ne s’agit pas de t’ouvrir sans filtre, ni de te confondre avec ton client. Les modules sérieux abordent la question du cadre : fréquence des séances, honoraires, confidentialité, gestion des situations de crise, repérage des risques de dépendance ou de confusion des rôles. Sur ces questions fines, des ressources comme la réflexion autour des limites de l’empathie et de la compassion peuvent t’aider à naviguer plus au clair.
Autre différence majeure : l’espace accordé à ton propre processus de développement personnel. Là où certaines formations restent très académiques, la psychothérapie humaniste considère que tu ne peux accompagner l’autre que jusqu’aux lieux que tu as toi-même commencé à visiter. Beaucoup de programmes demandent donc un travail thérapeutique personnel, individuel ou en groupe, et encouragent une pratique régulière d’exploration de soi (méthodes psychocorporelles, écriture, méditation, etc.). Sur ce terrain, un contenu tel que le développement personnel du praticien fait écho aux exigences très concrètes de cette voie.
Enfin, la formation modifie ta vision même de ce qu’est « réussir » une séance. Au lieu de chercher à supprimer rapidement un symptôme, ton critère devient la qualité du processus : le client a-t-il pu se dire d’une façon plus vraie ? A-t-il touché quelque chose de plus vivant en lui ? Se sent-il un peu plus libre dans ses choix ? Cette bascule, subtile mais radicale, redonne du sens à la pratique thérapeutique et limite le risque d’épuisement compassionnel.
C’est souvent à ce stade qu’apparaît une évidence : se former en psychothérapie humaniste, c’est moins « apprendre un métier » que se laisser transformer par une manière d’être en relation. Et cette transformation, une fois amorcée, irrigue toute ta vie, bien au-delà du cabinet.
Choisir sa formation en psychothérapie humaniste : repères, durées et exigences
Face à la diversité des offres, tu peux vite te sentir perdu. Entre certificats universitaires, écoles privées, formations intensives en week-end ou cursus longs en présentiel, comment discerner ce qui est vraiment adapté à ton projet et aux exigences du terrain ? La première étape consiste à clarifier ton objectif : souhaites-tu devenir psychothérapeute reconnu ? Approfondir ta pratique actuelle d’accompagnant ? Ou intégrer des outils humanistes dans un autre métier (éducation, management, santé, médiation) ?
Pour exercer la psychothérapie dans un cadre légal et éthique, les pays francophones demandent de plus en plus souvent un socle de base (psychologie, médecine, etc.) complété par une formation spécialisée de plusieurs années. Des dispositifs comme le certificat universitaire en psychothérapie centrée sur la personne et expérientielle à Louvain-la-Neuve illustrent ce mouvement : environ 105 crédits, un mémoire, un stage clinique, un enseignement en français, et une articulation étroite entre théorie, recherche et pratique supervisée.
À côté de ces parcours académiques, des instituts comme l’IFRDP, ACP-France ou ACP Institut proposent des formations expérientielles à l’Approche centrée sur la personne, souvent structurées en cycles de plusieurs années, avec un accent très fort mis sur le travail en groupe, les jeux de rôle et la supervision continue. Certains bénéficient de reconnaissances européennes et délivrent des certifications comme le Certificat Européen de Psychothérapie.
Pour t’aider à comparer, voici un tableau synthétique de quelques grands critères à prendre en compte quand tu explores des formations en psychothérapie :
| Critère | Formations humanistes universitaires | Instituts privés humanistes |
|---|---|---|
| Durée et volume | 3 à 4 ans minimum, 60 à 120+ crédits, mémoire et stage obligatoires | 3 à 5 ans en cycles, heures de groupe intensives, souvent 100 % présentiel |
| Public cible | Psychologues, médecins, orthopédagogues, psychiatres, etc. | Professionnels du soin, de la relation, parfois personnes en reconversion avec prérequis |
| Type de pédagogie | Mix cours théoriques, séminaires, travaux écrits, pratique clinique | Approche très expérientielle, ateliers, groupes de rencontre, supervisions |
| Reconnaissance | Reconnaissance universitaire, alignement avec la législation en santé mentale | Parfois certifications européennes ou nationales, reconnaissance par des fédérations |
| Accent principal | Articulation recherche – clinique – cadre légal | Savoir-être thérapeutique, expérience vécue de la relation, posture |
Au-delà de ces aspects formels, la qualité d’une formation humaniste se ressent aussi dans la manière dont l’équipe pédagogique incarne les valeurs qu’elle transmet. Les formateurs se voient-ils comme des « experts » ou comme des facilitateurs de processus ? Le groupe est-il considéré comme un espace vivant où chacun peut expérimenter sa façon d’être en lien ? Quel espace est laissé aux questions éthiques, aux doutes, aux erreurs ?
Prendre le temps d’assister à une réunion d’information, de lire la charte éthique, d’échanger avec d’anciens étudiants peut t’éviter bien des désillusions. Tu peux aussi te nourrir de ressources plus globales comme cette vue d’ensemble des différences entre thérapie brève et psychothérapie longue : même si la psychothérapie humaniste s’inscrit davantage dans la durée, certaines articulations avec des formats plus courts peuvent t’intéresser.
Enfin, n’oublie pas la dimension très concrète : horaires adaptés à ta vie, possibilité de financer la formation, distance géographique. Beaucoup de praticiens combinent aujourd’hui des modules présentiels et des apports à distance ; des dispositifs comme la formation de psychopraticien à distance peuvent constituer un complément utile, à condition de garder en tête que l’apprentissage de la présence ne peut pas être totalement dématérialisé.
En résumé, choisir ta formation humaniste, c’est un peu comme choisir un jardin où tu vas te laisser pousser toi-même : il s’agit moins de trouver « la meilleure école » que de repérer le terreau le plus juste pour ton chemin.
Devenir thérapeute humaniste : posture, éthique et vie intérieure du praticien
Une formation en psychothérapie humaniste ne s’arrête pas à l’obtention d’un certificat. Elle ouvre sur un chemin au long cours : celui de la posture thérapeutique. Cette posture ne se décrète pas, elle se cultive, se vérifie, se réajuste en permanence au contact des clients, des collègues, des superviseurs et de ta propre vie intérieure.
Au cœur de cette posture se trouve la notion de présence. Être présent, ce n’est pas seulement écouter les mots. C’est sentir la respiration de l’autre, repérer ses micro-tensions, accueillir ses silences sans les remplir, percevoir ce qui se passe en toi en même temps. Cette qualité d’attention fine demande un ancrage solide : corps détendu, respiration consciente, capacité à revenir à toi quand les histoires des clients réveillent tes propres blessures.
C’est là qu’interviennent les pratiques de régulation et d’équilibre personnel. Beaucoup de thérapeutes humanistes choisissent de soutenir leur pratique par des approches corporelles ou respiratoires : yoga, sophrologie, breathwork, méditation de pleine conscience, marche consciente… Pas pour « guider » leurs clients vers ces pratiques, mais pour entretenir leur propre clarté. Des approches intégratives, comme celles présentées dans certaines formations en thérapie holistique, permettent de relier ces dimensions sans perdre la rigueur nécessaire à la psychothérapie.
L’éthique occupe également une place centrale. La psychothérapie humaniste se méfie de toute forme de pouvoir vertical, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de responsabilité. Bien au contraire. Le thérapeute humaniste veille particulièrement aux risques de dépendance, d’influence subtile, de confusion entre ses besoins et ceux du client. Il s’appuie pour cela sur des repères clairs : supervision régulière, formation continue, appartenance à une association professionnelle, réflexion constante sur les questions d’argent, de durée, de fin de thérapie.
Sur le plan identitaire, beaucoup de praticiens adoptent le terme de psychopraticien plutôt que celui de « psychothérapeute », en fonction des cadres légaux de leur pays. Pour démêler ces nuances, des ressources comme la page consacrée au métier de psychopraticien peuvent t’apporter des repères sur les réalités administratives et les attentes du public. Là encore, l’essentiel reste l’alignement entre ce que tu annonces, ce que tu proposes réellement et ce pour quoi tu es suffisamment formé.
Une scène fréquente illustre bien ces enjeux : un client arrive en séance en crise, en demandant clairement « Que dois-je faire ? Dites-moi quoi décider. » La tentation est grande de répondre, de prendre la place du guide. La posture humaniste invite au contraire à soutenir la personne pour qu’elle se reconnecte à son propre sentir, à ses valeurs, à ce qui fait du sens pour elle. Tu restes présent, tu peux proposer des éclairages, mais tu ne confisques jamais le pouvoir de décider. Cette fidélité au principe de non-directivité, revisitée aujourd’hui dans une perspective relationnelle, fait partie des pierres angulaires de l’éthique rogérienne.
Dans cette perspective, la formation initiale n’est qu’un début. De nombreux thérapeutes poursuivent ensuite avec des groupes de rencontre, des universités d’été, des colloques humanistes, et contribuent à des revues ou réseaux comme ceux qui se sont développés autour de l’Approche centrée sur la personne. La communauté devient un soutien vivant pour continuer à affiner cette manière d’être en présence qui fait toute la spécificité de la thérapie humaniste.
Psychothérapie humaniste et reconversion professionnelle : tisser un projet réaliste et vivant
Pour beaucoup, la question n’est pas seulement : « Cette approche me parle-t-elle ? », mais « Puis-je vraiment en faire mon métier ? ». La reconversion vers la psychothérapie humaniste est un mouvement profond, souvent relié à une quête de sens au travail, à un besoin d’alignement entre valeurs personnelles et activité professionnelle. Elle demande du courage, mais aussi du réalisme.
La bonne nouvelle, c’est que le contexte est plutôt favorable. Les besoins en accompagnement psychologique et en soutien à la santé mentale ne cessent de croître, et les approches humanistes, parce qu’elles relient corps, émotions et conscience, résonnent avec les aspirations actuelles à davantage d’authenticité et de lien. Si tu t’intéresses aux évolutions du secteur, un panorama comme celui des tendances des thérapies permet de sentir comment la psychothérapie humaniste se situe au croisement de plusieurs courants : psychothérapie, pratiques somatiques, approches intégratives.
Cela dit, construire une activité d’accompagnant demande du temps. Entre le début de la formation, l’acquisition d’une expérience clinique supervisée et la constitution d’une patientèle, il est fréquent que plusieurs années s’écoulent. Beaucoup de personnes maintiennent d’abord un emploi à temps partiel dans leur métier d’origine, tout en développant progressivement leur pratique, en cabinet partagé ou en structure de soin. Cette phase de transition, si elle est pensée en amont, peut être plus douce et plus stable financièrement.
La psychothérapie humaniste n’est pas non plus la seule porte d’entrée. Certaines personnes choisissent d’abord une formation courte en relation d’aide ou en accompagnement, puis approfondissent vers un cursus plus long. D’autres conjuguent un métier de base (psychologue, médecin, éducateur, coach) avec une spécialisation humaniste. D’autres enfin sentent qu’elles préfèrent rester du côté du développement personnel non thérapeutique, en travaillant sur la conscience, la posture, la communication ; des contenus comme ceux de l’approche humaniste du soin offrent alors des repères précieux sans nécessairement basculer vers la psychothérapie au sens strict.
Pour éclairer tout cela, il peut être utile de dresser une liste très concrète des questions à te poser avant de t’engager pleinement :
- De combien de temps disposes-tu chaque semaine pour te former, étudier, pratiquer et te reposer ?
- Quelle est ta situation financière actuelle et comment peux-tu sécuriser une période de transition de plusieurs années ?
- Quel type de population souhaiterais-tu accompagner (adultes, couples, jeunes, personnes en souffrance aiguë, publics en transition…) ?
- Te sens-tu prêt à entreprendre un travail personnel approfondi, parfois confrontant, en parallèle de ta formation ?
- As-tu un réseau (superviseurs, pairs, structures d’accueil) vers lequel te tourner pour ne pas être isolé ?
Répondre honnêtement à ces questions ne ferme pas les portes. Au contraire, cela permet d’imaginer un projet plus ajusté, peut-être plus progressif, mais aussi plus durable. La psychothérapie humaniste a cette particularité : elle ne cherche pas la performance rapide, elle privilégie la maturation. Ton parcours professionnel peut refléter cette même sagesse en se construisant pas à pas, dans le respect de ton propre rythme.
Au fond, se former à la psychothérapie humaniste, c’est accepter d’entrer dans un processus à double mouvement : accompagner les autres dans leur croissance, tout en laissant ta propre vie intérieure se transformer. Ce double chemin, quand il est assumé, fait de la reconversion non pas un simple changement de métier, mais une évolution de manière d’être au monde.
Qui peut accéder à une formation en psychothérapie humaniste centrée sur la personne ?
Les formations longues en psychothérapie humaniste s’adressent en priorité aux professionnels déjà impliqués dans la santé ou la relation d’aide (psychologues, médecins, psychiatres, orthopédagogues, travailleurs sociaux, éducateurs, infirmiers). Certains instituts accueillent aussi des personnes en reconversion, à condition qu’elles justifient d’une expérience humaine solide et d’une maturité personnelle. Dans tous les cas, un entretien d’admission et parfois un dossier de motivation permettent de vérifier l’adéquation entre ton projet, le cadre légal de ton pays et les exigences de la formation.
Combien de temps faut-il pour se former en psychothérapie humaniste ?
Il faut généralement compter entre trois et cinq ans pour une formation complète en psychothérapie humaniste centrée sur la personne, selon qu’il s’agit d’un certificat universitaire ou d’un cursus en institut privé. Ce temps inclut les enseignements théoriques, la pratique expérientielle, le travail personnel, les stages cliniques et la supervision. À cela s’ajoute souvent une période de quelques années pour stabiliser une activité professionnelle, le temps de constituer une patientèle et d’ajuster ton cadre de travail.
La psychothérapie humaniste est-elle compatible avec d’autres approches (TCC, thérapies brèves, pratiques corporelles) ?
Oui, de nombreux praticiens articulent aujourd’hui la psychothérapie humaniste avec d’autres cadres, par exemple des thérapies comportementales et cognitives, des outils de thérapie brève ou des pratiques psychocorporelles. L’essentiel est de rester clair avec toi-même et avec tes clients sur ce que tu proposes, et de ne pas diluer l’esprit humaniste fondateur : le respect de la subjectivité, la non-violence relationnelle, la confiance dans la capacité de croissance de la personne.
Peut-on se former à la psychothérapie humaniste entièrement à distance ?
Certains contenus théoriques ou modules de réflexion peuvent être suivis en ligne, et des parcours de psychopraticien à distance existent. Cependant, la psychothérapie humaniste repose fortement sur l’expérience vécue de la relation et des groupes. C’est pourquoi les formations les plus solides gardent une part importante de présentiel : groupes de rencontre, jeux de rôle, supervisions. Le distanciel peut être un complément, rarement un substitut complet à l’expérience incarnée.
Quelle différence entre développement personnel et psychothérapie humaniste ?
Le développement personnel vise surtout l’épanouissement, la connaissance de soi, l’exploration de ses ressources, sans forcément travailler dans le champ de la souffrance psychique structurée. La psychothérapie humaniste, elle, intervient spécifiquement dans le cadre de difficultés, de conflits internes ou de troubles psychologiques, avec un cadre éthique et clinique plus strict (confidentialité, supervision, durée, responsabilité). Les deux se complètent : un travail personnel solide soutient la qualité de la présence thérapeutique, mais ne remplace pas une formation clinique structurée.


