Les approches psycho-corporelles : écouter le langage du corps dans le soin

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Dans les espaces de soin, une part essentielle de ce qui se joue ne passe pas par les mots. Le corps parle en continu : à travers la respiration, la posture, les tensions, le regard ou encore le rythme de la voix. Les approches psycho-corporelles prennent ce langage silencieux au sérieux et l’intègrent comme un levier central de transformation. Elles invitent à écouter ce que le corps raconte de l’histoire émotionnelle, des croyances, du stress chronique ou des traumatismes, tout en redonnant à la personne un pouvoir d’action concret à travers le mouvement, le souffle, le relâchement. Pour toi qui t’intéresses au soin, à la thérapie ou à une reconversion dans le bien-être, ces pratiques ouvrent une voie précieuse : celle d’un accompagnement où le mental n’est plus séparé du corps, mais tissé avec lui à chaque étape.

Dans ce paysage, la communication non verbale occupe une place clé. Les travaux sur le langage corporel, la proxémique, les micro-expressions ou l’intonation de la voix ont montré combien le ressenti se transmet d’abord par le corps. En séance de sophrologie, de somatothérapie, de massage, d’orthophonie ou de psychothérapie, ces dimensions deviennent de véritables indicateurs de ce qui est en train de se passer pour la personne accompagnée… mais aussi pour le praticien. Comprendre ces signaux, sans tomber dans les dérives de certaines pseudo-disciplines, permet d’affiner sa présence, son éthique et son efficacité. Pour un futur thérapeute, c’est un terrain d’apprentissage aussi passionnant que subtil : apprendre à écouter les autres commence toujours par apprendre à écouter son propre corps.

En bref :

  • Les approches psycho-corporelles partent du corps (respiration, mouvement, sensations) pour accompagner Ă©motions, stress, traumatismes et changements de vie.
  • Le langage du corps – posture, regard, ton de la voix, distance, gestes – vĂ©hicule une grande partie du message en situation de soin, parfois en contradiction avec les mots.
  • Pour devenir thĂ©rapeute ou se reconvertir dans le bien-ĂŞtre, dĂ©velopper une Ă©coute fine du corps est un atout majeur pour l’alliance thĂ©rapeutique et la justesse de l’accompagnement.
  • Il existe une diffĂ©rence nette entre les apports de la recherche (communication non verbale, Ă©motion, cognition) et certaines pseudosciences qui promettent de « lire » le corps comme un code infaillible.
  • La posture du praticien psycho-corporel repose sur l’empathie, la rĂ©gulation de soi, le respect des limites et une prĂ©sence incarnĂ©e, plutĂ´t que sur des techniques spectaculaires.

Les approches psycho-corporelles : quand le corps devient partenaire du soin

Dans les métiers de l’accompagnement, le terme d’approches psycho-corporelles désigne l’ensemble des pratiques qui utilisent le corps comme porte d’entrée ou comme médiation pour agir aussi sur le psychisme. Là où certaines thérapies se concentrent sur le récit, le mental ou les cognitions, ces approches considèrent que les blessures, les émotions non digérées et les schémas relationnels s’inscrivent aussi dans la matière du corps : tensions musculaires, trouble du sommeil, respiration coupée, douleurs sans cause médicale claire, difficultés de présence.

On y retrouve, par exemple, la somatothérapie, la relaxation psycho-corporelle, certaines formes de gestalt-thérapie, le travail psychocorporel issu de la psychologie humaniste, mais aussi de nombreux outils comme le breathwork, le yoga thérapeutique, la sophrologie, certaines médiations corporelles utilisées en psychothérapie ou en orthophonie. L’enjeu commun : recréer un lien sensible entre sensations, émotions, représentations mentales et vécu relationnel, pour que la personne puisse habiter son corps autrement.

Un point important à retenir : ces pratiques n’opposent pas le corps et le mental. Elles envisagent plutôt la personne comme un système global, où chaque niveau influence les autres. Par exemple, travailler sur la respiration peut venir apaiser le système nerveux autonome, ce qui ouvre un espace intérieur plus disponible pour parler d’un souvenir douloureux. À l’inverse, mettre des mots sur un conflit intérieur peut libérer une tension musculaire qui résistait depuis des années.

Pour illustrer, imagine Léa, cadre de 42 ans, en reconversion après un burn-out. Elle consulte pour des douleurs persistantes dans la nuque et les épaules, alors que les examens médicaux sont rassurants. En séance de thérapie psycho-corporelle, le travail commence par un repérage très simple : comment se tient-elle ? À quel moment sa respiration se bloque-t-elle lorsqu’elle parle de son travail ou de sa famille ? Peu à peu, en associant mouvements doux, prise de conscience des appuis au sol et verbalisation de ce qu’elle ressent, Léa prend conscience qu’elle « porte » littéralement les attentes de tout le monde sur ses épaules. À mesure qu’elle travaille sur ses limites, son droit au repos, et qu’elle explore physiquement une posture plus ancrée, ses douleurs changent et deviennent un repère plutôt qu’un ennemi.

Pour toi qui envisages d’orienter ton parcours vers la psychothérapie, il peut être utile de cartographier les grandes familles d’approches et leur relation au corps. La page choisir une formation en psychothérapie propose justement un panorama clair des grandes orientations (humaniste, analytique, intégrative, etc.) et peut t’aider à repérer où se situent les pratiques psychocorporelles dans ce paysage.

Ces approches ne sont pas réservées aux « profils spirituels ». On les retrouve en institution, en cabinet libéral, en rééducation, parfois même en entreprise. Des orthophonistes les intègrent pour le travail de la voix, des psychologues pour accompagner traumatismes et troubles anxieux, des kinésithérapeutes pour affiner l’écoute de la douleur. L’important reste la clarté du cadre, le niveau de formation, et la capacité à collaborer avec d’autres professionnels de santé quand c’est nécessaire.

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Un fil rouge se dessine déjà : écouter le langage du corps dans le soin, ce n’est pas juste ajouter quelques exercices de respiration. C’est adopter une manière d’être avec la personne qui reconnaît à la fois sa vulnérabilité et ses ressources somatiques, émotionnelles et relationnelles.

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Comprendre la psychosomatique : quand l’émotion se glisse dans le symptôme

Les troubles dits « psychosomatiques » montrent bien cette intrication entre corps et psychisme. Il ne s’agit pas de dire « c’est dans ta tête », mais plutôt de reconnaître qu’un facteur psychologique peut participer à l’apparition, au maintien ou à l’aggravation d’un symptôme physique. Migraines, troubles digestifs, douleurs musculo-squelettiques, eczéma, troubles de la voix… autant de terrains où les émotions, le stress chronique ou des conflits intérieurs non résolus peuvent s’inviter.

Dans ce contexte, les approches psycho-corporelles offrent un espace pour explorer ce que le symptôme cherche peut-être à exprimer. Une personne qui « perd la voix » avant chaque prise de parole importante peut être accompagnée, par exemple, à sentir comment sa gorge se serre, quelles pensées et quelles peurs émergent, puis à expérimenter de nouvelles façons de respirer et de poser sa voix. En orthophonie, des approches corporelles sont déjà utilisées pour travailler sur la voix chantée ou parlée : conscience du souffle, relâchement des tensions oro-faciales, appuis au sol, image de soi vocale.

Plutôt que de chercher une interprétation unique, un thérapeute attentif va accueillir ces signaux comme des indices à croiser avec le récit de la personne. Et surtout, il va avancer avec prudence, sans promettre de « guérir par la seule force du mental » ni d’abandonner tout suivi médical. Cette alliance entre écoute du corps, parole et rigueur clinique est un repère précieux pour toute pratique sérieuse.

Ce premier panorama ouvre une question clé pour la suite : comment ce langage silencieux se manifeste-t-il concrètement dans la relation de soin, au-delà du seul symptôme ?

Décoder le langage du corps dans la relation thérapeutique

Dans une séance, une grande partie de la communication se fait sans paroles. Posture, regard, tonus musculaire, rythme de la voix, distance physique, façon de s’asseoir ou de se lever… tous ces éléments forment un tissu d’informations auquel les approches psycho-corporelles prêtent une attention particulière. Mais écouter le corps ne veut pas dire « décoder » chaque geste comme s’il existait un dictionnaire universel. La recherche en communication non verbale rappelle justement la nécessité de la nuance.

Les spécialistes distinguent plusieurs dimensions : la communication paraverbale (intonation, volume, débit, silences), la gestuelle et les expressions faciales, le contact visuel (oculésique), le toucher (haptique), la distance physique (proxémique), la posture, l’usage de l’espace, la relation au temps. Chacune contribue à la manière dont une personne entre en lien, exprime ses émotions, régule la proximité ou la mise à distance.

Les expériences régulièrement citées à propos des fameux « 93 % de communication non verbale » ont été souvent mal interprétées. Elles ont montré que, dans des situations très spécifiques d’émotions positives ou négatives, le ton et le non verbal prenaient une grande part dans l’évaluation du message. Mais elles ne signifient pas que les mots ne comptent plus. Pour un thérapeute, l’enjeu n’est pas de hiérarchiser verbal et non verbal, mais de repérer quand ils sont cohérents… et quand quelque chose sonne faux.

Imaginons un accompagnement. Tu expliques à la personne que l’espace est sécurisé, que tout peut être déposé. Tes mots sont rassurants, mais ta voix est pressée, tes épaules crispées, ton regard fuyant. Son corps va plus probablement réagir à cette tension implicite qu’à ton discours. À l’inverse, un silence habité, un souffle calme, une posture ouverte peuvent soutenir la confiance sans avoir besoin de longs discours.

Voici un tableau synthétique utile quand tu commences à observer le langage du corps en séance :

Élément non verbal Ce que tu peux observer Impact possible en thérapie
Posture Corps affaissé, tonique, en retrait, penché vers l’avant, bras croisés Indique souvent le niveau de sécurité interne, d’engagement ou de protection
Regard Fuyant, fixe, doux, dur, alternance contact / retrait Renseigne sur la confiance, la honte, la peur, la tentative de contrĂ´le
Respiration Superficielle, bloquée, profonde, soupirs fréquents Marqueur de stress, d’émotion montante ou de relâchement en cours
Voix Monotone, tremblée, rapide, posée, très faible ou très forte Révèle souvent l’état émotionnel et la confiance dans la prise de parole
Distance et orientation Se rapproche, s’éloigne, se tourne, s’enferme dans un coin Indice du besoin d’intimité, de protection ou au contraire de soutien

Dans la pratique, ces observations ne prennent sens qu’en lien avec l’histoire de la personne, sa culture, le contexte et l’évolution au fil des séances. Les recherches en éthologie et en psychologie sociale rappellent qu’un même geste ne signifie pas la même chose d’un individu à l’autre, ni d’un pays à l’autre.

Pour un accompagnant en devenir, apprendre à sentir ces mouvements plutôt qu’à les « analyser » mentalement change tout. Cela demande d’affiner sa propre conscience corporelle, par des pratiques comme le yoga, la méditation, la respiration consciente, ou encore des formations centrées sur l’écoute du corps. C’est un des axes souvent explorés par celles et ceux qui se lancent dans une reconversion vers la psychologie ou le bien-être et qui souhaitent incarner davantage leur posture d’aidant.

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En t’ouvrant à cette écoute fine, tu te prépares à la question suivante : comment intégrer concrètement le corps au cœur de tes séances, sans perdre la rigueur de ta pratique ?

Pratiques psycho-corporelles concrètes : souffle, mouvement, toucher, voix

Quand on parle d’« écouter le corps », la question qui vient vite est : qu’est-ce que cela change concrètement dans une séance ? Les approches psycho-corporelles se déclinent en une multitude de pratiques, chacune avec son langage propre, mais toutes partagent quelques grands axes : le travail du souffle, l’écoute des sensations internes, le mouvement, parfois le toucher, et l’attention portée à la voix.

Le souffle est sans doute l’un des outils les plus transversaux. En sophrologie, en breathwork, dans de nombreux protocoles de régulation du stress, on apprend à observer la respiration telle qu’elle est, puis à l’amplifier, la ralentir ou la diriger vers certaines zones du corps. Sur le plan physiologique, cela agit sur le système nerveux autonome, en particulier sur le nerf vague, ce qui peut diminuer l’hyperactivation liée au stress ou au trauma. Sur le plan psychique, respirer en conscience crée un espace pour sentir et accueillir ce qui émerge sans être submergé.

Le mouvement est un autre vecteur majeur. Il peut être très doux, presque imperceptible (micro-mouvements de libération des tensions, oscillations, étirements conscients), ou plus engagé (postures de yoga, marche consciente, danse libre). L’idée n’est pas la performance, mais l’exploration : comment le corps réagit-il quand il prend plus de place ? Quand il se redresse ? Quand il s’autorise à dire non par un geste net ? Pour une personne qui a longtemps vécu dans le contrôle, la pudeur ou la dissociation, ce travail peut être aussi puissant qu’un long dialogue.

Le toucher, quand il fait partie du cadre (massage, somatothérapie, certaines pratiques énergétiques, soins corporels), demande une éthique irréprochable. Il peut permettre à la personne de sentir son « enveloppe corporelle », de retrouver des limites claires, de se reconnecter à des zones anesthésiées. Ici encore, la parole accompagne le geste : le praticien demande le consentement, ajuste la pression, écoute les réactions fines du corps (soupir, micro-tension, frisson). Le toucher devient alors un langage à deux, jamais un pouvoir exercé sur l’autre.

La voix, enfin, est un outil parfois sous-estimé des thérapies psycho-corporelles. Les orthophonistes le savent bien : travailler le timbre, le volume, la projection vocale implique le souffle, le tonus postural, l’image de soi. En thérapie, inviter une personne à prononcer un « non » clair, à poser sa voix dans le bassin, à chanter un son long peut réveiller des émotions profondes. Là encore, ce n’est pas l’esthétique qui compte, mais l’alignement entre ce qui est ressenti et ce qui est exprimé.

Pour t’aider à te repérer, voici une liste de pratiques souvent rencontrées dans le champ psycho-corporel :

  • SomatothĂ©rapie : travail sur les mĂ©moires corporelles, la relation au corps et aux autres, souvent avec une alternance parole / toucher / mouvement.
  • Sophrologie : techniques de respiration, de dĂ©tente profonde et de visualisation pour harmoniser corps et mental.
  • Breathwork (formes douces ou intensives) : utilisation cadrĂ©e du souffle pour explorer Ă©motions, blocages et Ă©tats de conscience modifiĂ©s.
  • Yoga thĂ©rapeutique : adaptation des postures et du souffle Ă  une problĂ©matique spĂ©cifique (stress, douleurs, anxiĂ©tĂ©, rĂ©cupĂ©ration après maladie).
  • Relaxation psycho-corporelle : relâchement guidĂ© des tensions, ancrage, mise en mots des ressentis.
  • MĂ©diations corporelles en psychothĂ©rapie : usage ponctuel du mouvement, du dessin ou de la posture pour accompagner un travail de fond.

Ce qui relie toutes ces pratiques, c’est le même geste intérieur : inviter la personne à redevenir habitante de son propre corps, à décoder ses signaux, à trouver ses appuis. Pour toi, futur ou jeune thérapeute, c’est aussi une invitation à expérimenter sur toi-même ce que tu proposeras, afin de ne pas rester dans un savoir uniquement théorique.

Lorsque tu commenceras à structurer ton projet professionnel, tu auras sans doute besoin de sécuriser aussi le volet formation et financement. Des ressources comme l’utilisation du Compte Personnel de Formation pour les thérapeutes peuvent te donner des repères concrets pour avancer pas à pas.

Reste une dimension délicate, mais essentielle, à explorer : comment rester lucide sur les limites de ces lectures du corps, dans un univers où certaines promesses vont beaucoup trop loin ?

Langage du corps : entre apports scientifiques et dérives à éviter

Dès qu’on parle de langage corporel, les imaginaires s’enflamment. Certains promettent de « détecter le mensonge en 5 gestes », d’identifier une émotion en un clignement d’œil, ou de maîtriser des techniques de persuasion quasi magiques. Pour un futur thérapeute ou accompagnant, il est vital de distinguer ce qui s’appuie sur des travaux sérieux de ce qui relève de la pseudoscience ou du marketing.

La psychologie, la sociologie, l’éthologie, les neurosciences et la sémiotique ont largement étudié la communication non verbale : rôle de la posture, des expressions faciales, de la proxémique, du toucher, des biais cognitifs dans l’interprétation. Les travaux de chercheurs comme Paul Ekman, Edward T. Hall, ou ceux de l’École de Palo Alto ont apporté de vrais éclairages, par exemple sur l’importance du contexte, sur l’impossibilité de « ne pas communiquer », ou encore sur l’existence d’émotions de base qui s’expriment souvent de manière similaire sur le visage.

Mais ces mêmes travaux ont aussi été simplifiés à l’extrême, voire déformés. Des disciplines comme la PNL (programmation neuro-linguistique) ou la synergologie ont construit des systèmes de lecture du corps présentés comme scientifiques alors que de nombreuses études en ont invalidé les postulats, notamment en matière de détection du mensonge. Croire qu’un mouvement d’yeux précise si quelqu’un invente ou se souvient, ou qu’un micro-geste trahit à coup sûr une intention cachée, expose aux erreurs, aux injustices… et, dans le cadre thérapeutique, à des dérives graves.

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Pour un accompagnant, quelques repères peuvent t’aider à garder le cap :

  • Aucun geste isolĂ© n’a une signification universelle. Un bras croisĂ© peut signifier le froid, la fatigue ou la protection, selon la personne et le moment.
  • L’important, c’est la cohĂ©rence d’ensemble entre parole, Ă©motion ressentie, posture, contexte, et l’évolution au fil des sĂ©ances.
  • Le doute est sain. PlutĂ´t que « savoir » ce qu’un geste signifie, tu peux le partager comme une hypothèse : « Quand tu parles de ça, je remarque que tes Ă©paules se ferment, est-ce que tu le sens aussi ? »
  • La science avance lentement. Un concept spectaculaire qui promet des rĂ©sultats rapides sans Ă©tudes sĂ©rieuses mĂ©rite ta vigilance.

Cette lucidité ne vise pas à te freiner, au contraire. Elle te permet de développer une écoute du corps ancrée dans l’observation, l’humilité, la curiosité plutôt que dans la toute-puissance ou la manipulation. Elle rejoint la phrase souvent citée dans les milieux du soin : le corps ne ment pas, mais notre interprétation, elle, peut se tromper.

Pour toi qui souhaites construire une pratique éthique, cette distinction est fondamentale. Elle protège tes clients, mais aussi ton propre équilibre professionnel, en t’évitant le poids illusoire de « tout voir » ou « tout savoir » à partir d’un geste ou d’une micro-expression.

Une fois ce cadre posé, une autre question peut émerger : comment cette écoute fine du corps transforme-t-elle ta manière d’être thérapeute, au-delà des techniques ?

La posture de l’accompagnant psycho-corporel : présence, éthique et écoute incarnée

Les approches psycho-corporelles ne se réduisent pas à une boîte à outils. Elles transforment la posture du thérapeute ou de l’accompagnant. Quand tu prends au sérieux le langage du corps, tu prends aussi au sérieux l’impact de ta propre présence : ton ancrage, ta respiration, ta façon d’entrer dans la pièce, ton rapport au silence, ta capacité à rester stable quand l’autre traverse une tempête émotionnelle.

On parle parfois du thérapeute comme d’un « jardinier de la conscience ». Dans cette image, le corps du praticien serait le sol sur lequel poussent l’écoute, l’empathie et la capacité à contenir. Si ce sol est compacté par le stress, la fatigue, les projections, il devient plus difficile d’offrir un espace respirant à la personne accompagnée. C’est pourquoi tant de formations sérieuses insistent sur le travail sur soi, la supervision, l’hygiène de vie émotionnelle et corporelle.

Concrètement, cela peut passer par :

  • des temps rĂ©guliers de pratiques corporelles (yoga, marche consciente, respiration, danse) pour garder un contact vivant avec tes propres sensations ;
  • un travail continu sur tes limites : savoir dire non, dĂ©finir un cadre clair, repĂ©rer quand tu es trop fatiguĂ© pour bien accompagner ;
  • une attention Ă  ton environnement de travail (lumière, sièges, tempĂ©rature, espace) qui soutient ou non le relâchement corporel de la personne ;
  • des espaces de parole entre pairs pour dĂ©poser ce que tu as reçu dans les sĂ©ances, plutĂ´t que de le porter seul dans ton corps.

Cette posture demande aussi un vrai sens de l’éthique. Plus tu travailles avec le corps, plus tu touches à des zones de vulnérabilité profonde : histoire du corps, sexualité, traumatismes, rapport à la honte, à la maladie. Respect du consentement, transparence sur tes compétences, articulation avec les autres professionnels de santé, clarté sur les limites de ta pratique… tout cela fait partie du soin.

Pour celles et ceux qui envisagent une reconversion, ces dimensions peuvent paraître impressionnantes au début. Elles sont pourtant ce qui donne de la solidité à une carrière dans le bien-être, loin des effets de mode. De nombreuses ressources existent pour t’accompagner dans ce cheminement, que tu te formes en psychothérapie, en sophrologie, en massage, en coaching corporel ou en pratiques énergétiques. L’essentiel est de choisir des parcours qui intègrent à la fois la théorie, la pratique, le travail sur soi et l’éthique relationnelle.

Au fil du temps, tu découvriras que devenir thérapeute, ce n’est pas seulement apprendre à soigner, mais surtout apprendre à être présent – avec tout ton corps, ton cœur et ta conscience – à ce qui se vit chez l’autre. Le langage du corps devient alors moins un code à déchiffrer qu’un terrain de rencontre vivant entre deux êtres humains.

Quels métiers utilisent les approches psycho-corporelles au quotidien ?

On retrouve les approches psycho-corporelles dans de nombreux métiers du soin et du bien-être : psychothérapeutes, somatothérapeutes, sophrologues, praticiens en massage bien-être, ostéopathes, orthophonistes (notamment pour la voix), psychomotriciens, certains coachs spécialisés dans la posture ou le stress, mais aussi des psychologues et médecins formés à ces outils. Leur point commun : considérer le corps comme un partenaire actif du processus thérapeutique, et non comme un simple support biologique.

Comment se former sérieusement aux pratiques psycho-corporelles ?

La première étape consiste à clarifier ton projet : souhaites-tu une pratique centrée sur le corps (massage, somatothérapie, yoga), une psychothérapie intégrative, ou ajouter une dimension corporelle à un métier déjà existant (psychologue, coach, orthophoniste) ? Ensuite, renseigne-toi sur les écoles qui proposent un cadre solide : durée suffisante, stage, supervision, travail personnel, éthique. Des ressources comme les guides pour choisir sa formation en psychothérapie ou les informations sur le financement via le Compte Personnel de Formation peuvent t’aider à structurer ton parcours.

Les approches psycho-corporelles remplacent-elles un suivi médical ?

Non. Elles peuvent compléter utilement un suivi médical ou psychologique, mais ne le remplacent pas. En présence de symptômes physiques persistants, de troubles psychiatriques ou de douleur aiguë, une évaluation médicale reste indispensable. Un praticien psycho-corporel sérieux travaillera en complémentarité avec les autres professionnels, orientera si nécessaire et ne promettra jamais de guérir seul des pathologies qui nécessitent une prise en charge pluridisciplinaire.

Faut-il avoir « tout réglé » dans sa vie pour devenir thérapeute psycho-corporel ?

Personne n’a une vie parfaitement réglée, et ce n’est pas le but. En revanche, accompagner à partir du corps demande un minimum de stabilité intérieure : capacité à reconnaître ses limites, à demander de l’aide, à se remettre en question. Les formations sérieuses prévoient des espaces de travail personnel, de thérapie et de supervision pour t’aider à grandir dans ta posture. L’essentiel est d’être en chemin, honnête avec toi-même et vigilant à ne pas utiliser la relation d’aide pour résoudre tes propres manques.

Que faire dès maintenant pour développer mon écoute du langage du corps ?

Tu peux commencer très simplement en t’observant au quotidien : comment se modifie ta respiration selon les situations ? Dans quelle partie de ton corps ressens-tu le stress ou la joie ? Comment se transforme ta posture quand tu dis oui ou quand tu dis non ? Des pratiques comme le yoga, la marche consciente, la méditation ou des séances avec un praticien psycho-corporel peuvent t’aider à affiner cette écoute. Plus tu développes cette conscience en toi, plus tu seras en mesure d’accueillir celle de tes futurs clients.

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